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Louer une voiture à Casablanca ou à Marrakech : les étapes à connaître avant de prendre le volant

Louer une voiture à Casablanca ou à Marrakech : les étapes à connaître avant de prendre le volant

Sommaire

Il est 23 h passées à l’aéroport Mohammed V. Les bagages ont mis du temps à arriver, la file du contrôle des passeports aussi. Vous voilà enfin devant le comptoir du loueur avec une seule envie, récupérer les clés et rejoindre l’hôtel. C’est précisément dans cet état qu’on signe un contrat sans le lire et qu’on bâcle l’état des lieux.

Louer une voiture à Casablanca ou à Marrakech n’a pourtant rien de compliqué. Les deux aéroports ont des comptoirs dans le terminal et les conditions ressemblent à celles qu’on connaît en Europe. Ce qui change, c’est le montant de la caution, la rigueur qu’il faut mettre dans l’état des lieux et ce qui vous attend une fois sorti du parking, parce que Casablanca et Marrakech ne se conduisent pas de la même façon.

Réserver depuis la France, surtout pour une boîte automatique

Rien n’empêche de louer une voiture sur place au Maroc en se présentant au comptoir sans réservation. Hors saison, la démarche peut fonctionner. Dès que vous avez une contrainte précise, en revanche, réservez avant de partir. La boîte automatique reste minoritaire dans les flottes marocaines et il faut la bloquer plusieurs semaines à l’avance, en vérifiant qu’elle figure bien sur la confirmation. Même chose pour un siège enfant ou un grand SUV en haute saison. À Marrakech, juin est le mois le plus cher de l’année pour la location et Casablanca connaît son pic de demande en juillet.

Le lieu de retrait compte autant que la date. Prendre la voiture à l’aéroport n’a de sens que si vous quittez la ville dans la foulée. Si vous passez trois jours à Casablanca avant de descendre vers le sud, la voiture dormira dans un parking payant pendant que vous circulerez en tramway ou en petit taxi. Mieux vaut alors la retirer en ville ou en gare le matin du départ.

Pour un vol qui atterrit tard, regardez ce que prévoit le loueur en cas de retard. Chez Hertz, par exemple, la réservation est maintenue deux heures après l’heure d’arrivée prévue. Au-delà, il faut faire confirmer la disponibilité. Et notez le numéro de l’agence ailleurs que dans un téléphone qui sera peut-être à plat à l’arrivée.

Au comptoir, les papiers et la caution

On vous demandera une pièce d’identité (le passeport fait l’affaire), le permis de chaque conducteur et une carte de crédit au nom du conducteur principal. Votre permis français suffit pour un séjour touristique.

C’est sur la carte que beaucoup de voyageurs coincent. Les cartes de débit, y compris celles de nombreuses banques en ligne, sont refusées pour la caution. Or celle-ci se chiffre en milliers de dirhams et dépasse l’équivalent de 1 000 euros dès la petite citadine. Elle reste bloquée pendant toute la location, ce qui ampute d’autant votre plafond de paiement. Si ce plafond est bas, appelez votre banque quelques jours avant le départ pour le relever temporairement.

Le vendeur vous proposera aussi des options, le rachat de franchise en tête. Décidez de ce que vous voulez avant d’arriver. Comparer des garanties à minuit face à quelqu’un qui attend votre réponse débouche rarement sur un bon choix.

L’état des lieux, une étape à faire vous-même

À Marrakech comme à Casablanca, un agent vous accompagne en général jusqu’à la voiture et note les dommages existants sur un schéma. Votre rôle consiste à vérifier qu’il n’en oublie aucun.

Faites le tour du véhicule en vidéo, lentement, avec l’horodatage visible. Filmez les jantes, le bas des portières, le pare-brise et l’intérieur (une brûlure de cigarette sur un siège finit toujours par être facturée à quelqu’un). Notez le kilométrage et le niveau de carburant avant d’ouvrir le coffre pour contrôler la roue de secours et le cric. Sur les routes secondaires, un nid-de-poule suffit à crever un pneu. Avec une roue de secours dégonflée, l’incident peut alors vous coûter une demi-journée.

Dernier réflexe avant de démarrer, la boîte à gants. La carte grise et l’attestation d’assurance doivent s’y trouver puisque ce sont, avec votre permis, les documents qu’un agent demandera lors d’un contrôle. S’il en manque un, retournez au comptoir.

Sortir de l’aéroport Mohammed V et rouler dans Casablanca

L’aéroport Mohammed V est installé à Nouaceur, à une trentaine de kilomètres au sud de Casablanca. L’autoroute vous mène vers le centre sans difficulté (le péage du tronçon de l’aéroport coûte 7 DH) et c’est en arrivant en ville que les choses se compliquent.

Casablanca est la capitale économique du pays et sa circulation le rappelle à chaque carrefour. Les deux-roues remontent les files des deux côtés. Les petits taxis rouges s’arrêtent là où un client lève la main, parfois au milieu d’une voie. Sur les grands boulevards, il faut aussi composer avec le tramway, dont on anticipe mal les passages quand on découvre la ville.

Les ronds-points méritent qu’on s’y arrête. Sur un giratoire signalé par le panneau habituel, vous cédez le passage aux voitures déjà engagées sur l’anneau, comme en France. Sur un rond-point sans panneau, c’est la priorité à droite qui s’applique, ce qui veut dire que les véhicules qui entrent passent avant ceux qui tournent. Dans le doute, ralentissez et observez ce que font les autres avant de vous engager.

Cette vigilance n’a rien d’excessif. En 2025, 352 personnes ont perdu la vie dans des accidents en milieu urbain à Casablanca, plus du double qu’à Marrakech sur la même période.

Reste le stationnement, l’autre casse-tête casablancais. Dans la rue, des gardiens en gilet surveillent les voitures contre quelques pièces. Le tarif fixé par les conseils communaux est de 5 DH mais beaucoup en réclament 10 à 20. Début 2025, un responsable de la commune reconnaissait même qu’aucun de ces gardiens ne disposait d’une autorisation en bonne et due forme. Des horodateurs à 2 DH de l’heure couvrent une partie du centre et la ville veut en installer davantage, notamment sur la corniche d’Aïn Diab.

Faut-il vraiment une voiture pour visiter Casablanca ? Pour un séjour limité à la ville, elle fait perdre plus de temps qu’elle n’en fait gagner. Si vous la gardez, demandez à votre hôtel s’il dispose d’un parking avant même de réserver le véhicule, sans quoi vos soirées risquent de se passer à tourner dans le quartier.

À Marrakech, la voiture reste souvent au parking

L’aéroport de Marrakech-Ménara n’est qu’à 6 km de la place Jemaa el-Fna, soit un petit quart d’heure de route. Le premier trajet est donc court. C’est aussi, bien souvent, le seul de la journée.

La médina ne se visite pas en voiture. Ses ruelles sont trop étroites pour cela et la place Jemaa el-Fna est fermée aux véhicules à partir de 13 h. Si vous logez dans un riad, convenez à l’avance d’un point de rendez-vous à l’une des portes de la médina, où beaucoup d’établissements envoient quelqu’un avec un chariot pour les bagages.

Pour garer la voiture, les parkings gardés proches de la Koutoubia et de Bab Doukkala sont pratiques mais vite complets. Comptez 4 à 5 DH pour quelques heures, 10 à 15 DH pour la journée et 20 à 30 DH pour une nuit. Le quartier de Guéliz, la ville nouvelle, offre plus de place avec des rues larges où l’on se gare sans trop tourner.

Méfiez-vous en revanche des faux gardiens. Au printemps 2026, la police de Marrakech en a interpellé 34 en une seule opération. Payez en repartant et jamais d’avance, uniquement à la personne qui était présente à votre arrivée.

Petite parenthèse locale, un parking souterrain d’un peu plus de 200 places est prévu à deux pas de Jemaa el-Fna, avec 18 mois de travaux annoncés. D’ici là, la voiture sert surtout à quitter Marrakech, vers la vallée de l’Ourika, Essaouira ou le col du Tichka.

Voyager avec un fauteuil roulant ou une mobilité réduite

Pour un conducteur qui ménage une jambe ou se fatigue vite, la boîte automatique change tout. Or c’est le type de véhicule le plus rare dans les agences. Aux comptoirs des aéroports, les automatiques se trouvent surtout parmi les compactes et les SUV (Peugeot 208 ou 308, Peugeot 3008 hybride), ce qui suppose de réserver tôt et d’accepter une catégorie un peu plus chère.

Avec un fauteuil pliant, vérifiez le volume du coffre avant de choisir. Une petite citadine de type Kia Picanto aura du mal à accueillir le fauteuil et deux valises. Les véhicules à commandes adaptées, eux, n’apparaissent pas dans les catalogues des grands loueurs. Il faut passer par une agence spécialisée, la contacter longtemps à l’avance et demander des photos du véhicule réellement attribué.

À l’arrivée, posez la question de l’accès à votre hébergement. Un riad situé à 300 m d’une porte de la médina, par des ruelles étroites et pavées, n’a rien à voir avec un hôtel de Guéliz doté d’un parking au pied de l’ascenseur.

Relier les deux villes puis rendre la voiture

Entre Casablanca et Marrakech, l’autoroute file sur un peu plus de 200 km. Le péage entre Nouaceur et Marrakech coûte autour de 83 DH pour une voiture, soit environ 7,50 euros. Beaucoup de voyageurs prennent la voiture dans une ville et la rendent dans l’autre (par exemple de Casablanca vers Marrakech avant d’enchaîner vers le sud). L’aller simple est possible entre certaines agences, avec des frais qui varient selon la distance. Faites-vous préciser le montant au moment de réserver plutôt qu’au comptoir.

Pour le retour, prévoyez de la marge, surtout si vous avez un avion à prendre. Faites le plein à quelques kilomètres de l’agence et gardez le ticket, car le carburant manquant est refacturé avec des frais de service qui peuvent atteindre 500 DH. Sur le parking, refaites une vidéo complète du véhicule. Demandez enfin un document de restitution signé avant de filer vers l’embarquement.

Cinq minutes de vidéo au départ et autant au retour, c’est la meilleure protection qu’on puisse s’offrir sans payer la moindre option.